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Salman les Oulemas et le Mahdi

Les sources du Pèlerinage musulman remontent aux aubes de l’humanité et de l’alliance prometteuse d’Abraham. Adam puis Abraham furent les précurseurs de ce qui deviendra, des générations après eux, le cinquième et dernier pilier de l’Islam accompli . Abraham est le restaurateur choisi d’un rite initié par Adam, après la Déchéance .

Le Messager accomplit tardivement le Pèlerinage, en l’an X de l’Hégire ; vraisemblablement, trois ans au moins après la prescription coranique ; étrangement, à la suite de nombreux compagnons dont ‘Attab et Abubekr. L’année d’avant, en l’an IX, sur ses instructions, celui-ci en avait dirigé les pèlerins. Deux ans plus tôt, en l’an VIII, il avait instruit celui-là, qu’il venait de nommer gouverneur de la Mecque nouvellement conquise, de les conduire.

En l’an X, ce retard programmé eut, pour le Messager, les effets recherchés d’un vendredi jour d’Arafat, d’abord, puis, d’un dimanche premier des jours de l’Ensoleillement (ayyâmu’Tachrîq). In fine, les rites et pratiques de ces jours particuliers offrirent au Messager l’opportunité de poser  d’importants actes, certificatifs, les uns, symboliquement prophétiques, les autres ; tous fondamentaux, dont le contenu sémantique demeure, pourtant, jusqu’à nos jours largement ignoré ; même si, par ailleurs, un Pèlerinage sous ces auspices reste passionnément convoité.

Ces jours particuliers ont façonné l’environnement temporel indispensable et exceptionnel d’une expression universelle de ces réalisations et annonces sur l’espace d’Arafat.

Le Pèlerinage s’observe régulièrement dans la première quinzaine du douzième et dernier mois de l’année musulmane, zû ‘lhijja ; il s’effectue entre les 8 et 13, compris. Il commence  trois mois et sept jours après le début du troisième mois consacré : ramadan.

Les douze mois du calendrier hégirien sont de statuts différents ; l’année musulmane renferme six mois ordinaires et autant de particuliers.

Rajab, le mois du mi’râj, est charnière. Il fait partie des quatre sacrés et des trois consacrés, à la fois.

La nuit du 27 rajab, trois ans avant l’Hégire, après lui avoir fait endurer moult épreuves, Allah convia Son serviteur et messager au ciel, dans un merveilleux périple connu sous la dénomination arabe de mi’râj ou ascension du Prophète. A cette occasion, Il le transporta nuitamment de la Mecque, l’antique enceinte sacrée, à Jérusalem, la sanctifiée, avant de lui faire entamer, hors des limites du temps, une inédite pérégrination céleste. Dans le Coran, le transit par Jérusalem est révélé sous l’intitulé Al isrâ, le voyage nocturne. Comme invité du Créateur, le Prophète y représentait l’humanité entière, l’Homme.

Les mois consacrés sont au nombre de trois consécutifs: il s’agit des septième, huitième et neuvième mois. Allah les a consacrés, se réservant rajab (septième), réservant cha’abân (huitième) au Prophète et, ramadan (neuvième), à l’humanité.

Si rajab est le mois de Dieu, ramadan est celui de l’Homme. Il est alors courtois, convenant, qu’après avoir honoré l’humain par une invitation solennelle, en retour, Allah se convie chez celui-ci au cours du mois consacré à l’homme, dans l’auguste nuit sainte du Destin. Et, parce qu’Il embrasse tout et que rien ne L’embrasse, Sa sublime présence n’y peut être autre que déléguée.

Ainsi, depuis, le Seigneur y a décrété ad vitam aeternam la députation honorable des anges et de l’Esprit auprès de l’humanité :

“Durant celle-ci descendent les anges
ainsi que l’Esprit,  par permission
de leur seigneur pour tout ordre. ”.

Verbe et présence perpétuelle d’Allah au sein de l’humanité, le Coran a tout logiquement été acheminé du Trône au mont Hirâ et gravé sur le cœur préalablement formaté du Messager, au cours d’une nuit solennelle, celle du Destin, treize ans avant l’Hégire. Durant la mission du Prophète, deux autres événements majeurs survinrent au cours du mois de ramadan. Badr, une des plus éclatantes victoires de l’aube de l’Islam eut lieu le 17ramadan de l’an II de l’Hégire. Six ans plus tard, presque jour pour jour, les troupes musulmanes conquirent la Mecque, le 21 ramadan de l’an VIII de l’Hégire.

Le mois de cha‘bân est celui du Messager. C’est à la mi-Cha‘bân que la direction de la prière fut réorientée de Jérusalem vers la Mecque. Sous l’identité du Mahdî, celui qui sera quarante ans plus tard suscité de nouveau, messager de rappel, est venu au monde à la mi-cha‘bân de l’an 1261 de l’Hégire.

Sous cette même identité, il lança son appel universel le premier cha’bân de l’an 1301 de l’Hégire. Si Dieu a convié l’humanité dans son mois et s’invite perpétuellement dans celui de l’Homme, le Mahdî a appelé l’humanité dans le sien, le mois du Prophète. Le Mahdî est le Prophète ; l’appel est une invite. Le mois de cha’bân se situe judicieusement entre rajab et ramadan, ainsi que le Messager constitue le lien existentiel universel entre le Seigneur et l’humanité.

Les mois du Pèlerinage, eux, sont au nombre de trois, consécutifs, selon le Coran. Ce sont les trois derniers mois de l’année : les dixième, onzième et douzième. Ils sont mixtes : le premier de ce tiercé est ordinaire, tandis que les deux derniers comptent parmi les sacrés.

La station d’Arafat, l’essence, l’âme, le cœur du Hajj, est observée le neuvième jour du mois. Le dixième, celui du sacrifice, les hosties sont immolées à Mina. Ces offrandes sacrificielles commémorent, avec celles des baptêmes musulmans, le dévouement d’Abraham, le père de la nation islamique, et le rachat d’Ismaël, le père de la nation arabe ismaélite.

Au-delà de la place qu’il occupe dans l’Islam (chapitre I), le Pèlerinage remplit trois fonctions essentielles. D’abord, il est la réplique ardente au spécieux argument des contempteurs du verset 183 de la sourate III (chapitre II). Puis, il illumine de manière instructive le verset 72 de la sourate XV, dans lequel Allah jure par l’âge du Messager, et augure des énigmatiques cadavres de l’Apocalypse de Jean  (chapitre III). Enfin, il donne tout son sens au verset 17 de la sourate LV et proclame solennellement le second avènement du Messager (chapitre IV), inéluctable conséquence des présages de l’Apocalypse.

La sourate XV, qui consacre la protection du Message contre toute altération , recèle un verrou hermétiquement codé contre toute atteinte à la fonction du Messager. Dans sa tradition, particulièrement au cours du Hajj, Muhammad en expose préventivement, pour le regard averti, attentif et juste l’herméneutique clef de lecture. Destinée aux générations eschatologiques, l’importante communication de cette énigme coranique – explicitée derrière un voile crypté de la Tradition, depuis quinze siècles – échappe encore à la perspicacité des oulémas les plus avisés ; son parfait et inimitable décryptage factuel, par le vécu, de surcroît par un analphabète, un illettré, reste une magistrale plaidoirie du Mahdî contre ses détracteurs zélés, gavés de leurs connaissances dont la pesanteur n’a d’égal que la stérilité.

La méconnaissance du Mahdî, le Prophète soleil d’occident, éloigne beaucoup de chercheurs de précieuses découvertes. Elle les prive,  surtout, de comprendre l’attitude particulièrement énigmatique du Prophète dans ses rapports avec l’ultime pilier de l’Islam, le Pèlerinage, et notamment dans son exercice.

Si elle est d’importance, et elle l’est, la problématique du Mahdi est nécessairement évoquée, voire résolue, dans le Coran qui dit : « Nous n’avons rien omis dans le Livre  ». Conséquemment, il enjoint, en cas de désaccord, de divergence, de retourner à Allah et au Messager, plutôt que de s’attarder sur des discours quelques fois fantaisistes, souvent partisans, toujours incertains :

«…ramenez-le à Allah et au Messager…»

La difficulté des oulémas à comprendre, et donc à expliquer le Mahdî, tient beaucoup à la méthode. L’évocation coranique de l’avènement du Mahdî relève du discours anticipatif. En effet, entre l’an 632 et l’an 1909, il y a 1277ans d’histoire . La première année correspond à la fin historique de la révélation séquentielle du Coran ; la seconde est celle du décès constaté du Mahdî.

Une démarche scientifique de quête du Mahdî dans le Coran, dans ces conditions, doit être prospective et non rétrospective. Elle doit s’articuler autour d’une bonne connaissance du Mahdî et de son époque puis,  d’une relecture juste du Coran, afin de voir et comprendre, avant d’expliquer clairement ce que le Coran avait annoncé anticipativement, donc confusément.

Une telle démarche, à l’analyse, est loin d’être originale. C’est par une telle mise que Salman le Persan, que louent souvent marabouts et autres érudits aux cours de veillées religieuses, a recherché, trouvé et reconnu le Messager. Il a considéré le fils d’Abdullah à travers le prisme de ce qu’il savait du messager attendu. Si rien n’a été omis du saint Coran, ce qu’il faut savoir sur le Mahdî y figure nécessairement ; mais encore faut-il aller, comme Salman, vers le Messager.  Malheureusement si c’est une chose de louer une qualité c’en est une toute autre de l’adopter !
A ce propos et pour l’exemple, le Mahdî et ses parents figurent de manière tout à fait explicite dans le Livre . Mais, la méconnaissance de l’Homme du verset 15 de la sourate XLVI empêche de percevoir cette réalité qui, pourtant, est le commentaire complétif des versets 5 et 6 de la sourate XCIII du saint Coran .

Le présent est au passé ce que le futur est au présent ; c’est-à-dire son à-venir. Tant que sera ignorée cette autre réalité, le temps du Mahdî sera toujours à venir, jamais présent ; dans de telles conditions, jamais passé. On ne peut, dans un  tel contexte, accorder à la vie de l’Homme la moindre importance ; même quand elle explique sans ambages les étranges rapports du fils d’Abdullah au Pèlerinage.

Et d’aucuns qui chantent à tue-tête et enseignent à leur progéniture que « la lune s’est levée », en évoquant l’entrée du Messager à Médine au terme de son exil – alors qu’elle ne se lève jamais au sud – attendent encore la venue du Mahdî, croyant, à l’image des contempteurs antérieurs dans l’attente d’un feu sacrificiel venant du ciel, en un improbable lever occidental du jour.

Alors que le Messie est déjà de retour et a déjà réalisé l’une des annonces les plus étonnantes de l’Apocalypse de Jean, quoique d’une précision mathématique, le monde chrétien attend encore l’Oint. Là n’est pas le pire. Le pire, c’est que nos oulémas ignorent souvent, si ce n’est toujours, ces annonces apocalyptiques auxquelles renvoie pourtant le Coran.

Ils ignorent encore que, culte terminal, le Hajj proclame, sous la forme d’un code à la fois protecteur et certifiant, la bonne nouvelle de l’avènement heureux du Messager, à l’ouest, soleil d’occident promis par le verset 3 de la sourate Le Vendredi.

Quand l’Imâm Mahdî déclare être le Messager dans un deuxième et dernier avènement, un second, il éclaire la recherche. Dès lors que le Mahdî est le Messager, on sait qui attendre, qui chercher et, par conséquent, sur quelles bases et dans quel environnement. Savoir qui est le Mahdî aide à se faire une idée claire sur le sens de son avènement. Cela éloigne des chimères et autres fantasmes fort éloignés de la réalité. Et, à l’évidence, le statut proclamé du Mahdî lève toutes les difficultés, tous les paradoxes, résout toutes les énigmes et éclaire nombre de rites et pratiques, notamment ceux observés lors des oraisons du vendredi et des fêtes musulmanes : le Mahdî est le Messager ou, plutôt, le Messager est le Mahdî.

Duga Madi Macalou Cissé Lahi

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